Séminaire 2019/20
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12.12.2019
Université Paris-Diderot, rue Thomas Mann 75013 Paris, salle 681C (Grands moulins 6ème étage) 18h30 à 20h30.

Pour une Antiquité-Monde. Antiquité, territoire des écarts.

Programme initié et préparé par Carole Boidin, Tristan Mauffrey, Maxime Pierre et Antoine Pietrobelli

(Université Paris-Diderot, Collège International de Philosophie et Association ATE)

L’Antiquité gréco-romaine a souvent été instrumentalisée pour écrire des histoires nationales, impérialistes, et même les études postcoloniales offrent des exemples de nouvelles instrumentalisations. Les empires ont légitimé leur domination par l’exemple grec ou romain, tandis que les nationalismes européens ou plus tard des états décolonisés se sont inventé des ancêtres préromains (Gaulois, Germains, Celtibères, Berbères, Phéniciens, etc.), ce qui revenait à faire de la Grèce et de Rome le double épicentre – et l’origine implicite – de leur histoire commune. Notre projet est d’opposer à ces grands récits identitaires, une Antiquité-monde polycentrée. L’empire grec d’Alexandre, les royaumes hellénistiques puis l’empire romain furent des espaces pluriculturels, pacifiés et, pour ce qui est de Rome, englobant l’ensemble du monde connu. À l’opposé de la théorie du « choc des civilisations », il est possible d’envisager ces mondes anciens comme des lieux de perméabilité et de fluidité interculturelles. Les Grecs et les Romains furent en interaction permanente avec leurs voisins égyptiens, puniques, perses, scythes ou indiens. Ce que nous désignons comme grec ou romain est toujours un objet ambivalent qui est le fruit d’une rencontre ou le résultat de métissages.

Dans cette perspective décentrée, le grec et le latin sont une ouverture sur une Antiquité-monde.  Les textes des historiens, géographes, ethnographes anciens, mais aussi des poètes et des orateurs ainsi que les sources ethnographiques et archéologiques permettent de dés-européaniser l’héritage gréco-romain. De cette approche mondialisée découle une attention particulière à la question des syncrétismes, transferts, hybridations, fusions et reconfigurations culturelles dans les pratiques et dans les discours. 

Décentrer les études anciennes en les dés-européanisant, suppose de prêter l’oreille à la manière dont on parle aujourd’hui de cette Antiquité depuis l’Afrique, l’Inde, la Chine ou le Japon : quelles images s’y fait-on des Grecs et des Romains et quels usages en fait-on ? Comment notre propre regard s’en trouve-t-il changé ?

17 octobre 2019 : Malika Hammou (Université de Grenoble), « Hellénophones et hellénistes à la Renaissance : le cas des Portus ». Discutant: Antoine Pietrobelli (Université de Reims). Pour consulter le descriptif de la séance, PDF iconCERILAC_affiche Hellénophones et hellénistes à la Renaissance.pdf (2.79 Mo).

14 novembre 2019 : Corinne Bonnet (Université de Toulouse), « Hellénisme et micro-identités en Syrie : dans les pas de Méléagre de Gadara ». Discutante: Florence Dupont (Université Paris Diderot). Pour consulter le descriptif de la séance, PDF iconCERILAC_affiche Hellénisme et micro-identités en Syrie (586.49 Ko)

12 décembre 2019 : Fabrizio Speziale (EHESS), « Savants hindous et culture persane : nouvelles perspectives sur la transmission de la médecine galénique en Inde, 17e-19e siècles »

SEANCE DU JEUDI 12 DECEMBRE ANNULEE

9 janvier 2020 : Samra Azarnouche (EPHE), « Les éléments du néoplatonisme réutilisés dans le zoroastrisme tardo-antique »

6 février 2020 : Nicolas Grimal (Collège de France), « Les Égyptiens et les autres »

12 mars 2020 :  Anca Dan (CNRS), « Les Scythes d’hier et d’aujourd’hui »

23 avril 2020 : Aurélien Robert (CNRS), « Épicure hérétique »

14 mai 2020 : Ron Naiweld (EHESS), « L’universalisation du mythe biblique dans le monde gréco-romain »

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